Un très bon restaurant à Ouarzazate : la Kasbah des Sables

Il est rare d’avoir une très bonne surprise dans le sud.
Les bons établissements sont connus, et les nouveaux, très bons ou moins bons, restent généralement dans la même ligne que leurs concurrents, architecture traditionnelle, cuisine traditionnelle avec le même menu qui se retrouve, à peu de choses près, ici ou là.
La différence se fait plus souvent sur la gentillesse de l’accueil, le professionnalisme du service, et le cadre.

Mais hier soir, à la Kasbah des Sables, la très bonne surprise était là.

Un restaurant dans un quartier excentré de Ouarzazate

La Kasbah des Sables se mérite, elle est située près du barrage El Mansour Eddhabi, dans une petite rue. Il y a sur la route principale un panneau blanc, de petite taille, qu’il ne faut pas manquer.
Et de l’extérieur, rien n’indique la présence de cet établissement particulier, à part deux grands pots de terre, et les voitures des clients.
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La restauration des kasbahs

Info trouvée sur un blog en anglais, “The view from Fez”, sur l’effort décidé par le ministère du logement pour la restauration des kasbahs dans le sud. 123 millions de dirhams (donc environ 14 millions d’euros) ont été alloués pour la restauration d’une grosse trentaine de kasbahs et ksours dans la région du Ziz, près d’Erfoud, Er-Rachidia et Rissani.

Les interventions du ministère ont été accélérées, cet hiver, suite aux destructions des pluies d’automne.

Les kasbahs, constructions traditionnelles du sud du Maroc

En effet, si les kasbahs, régulièrement entretenues, arrivent à bien résister aux intempéries violentes et soudaines qui peuvent se produire dans nos régions à la fois semi-désertiques et assez montagneuses, une fois à l’abandon, elles se dégradent très vite.
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Ecouter la musique berbère

Chouchou, musicien berbère

La peinture est toute fraiche, et les rubriques se compléteront au fur et à mesure. Mais vous pouvez déjà aller jeter un coup d’oeil au site de cet ami, Youssef, ou Ichou, en berbère, donc Chouchou, qui nous fait l’amitié de partager certaines de nos nuits de fêtes, par exemple notre réveillon dans le désert.

En plus de l’annonce de ses concerts, vous y trouverez bientôt ses vidéos, et surtout la possibilité d’acheter son CD en ligne… même si vous êtes au Maroc !

Ou alors, peut être irez vous le voir à Goulmima ?

Celui qui t’enseigne vaut mieux que celui qui te donne

Anesse et son petit - M'Goun

Anesse et son petit - M’Goun

Confessions d’un berbère

Au pied de l’Atlas, je découvre une terre berbère chargée de trésors.
“Massoud” ! Non, ce n’est pas le commandant Afghan ressuscité qui vient nous tenir
compagnie, mais bien le nom que porte l’âne de L’ho.
Un poil soyeux, une robe grisonnante, il est l’attraction phare du jardin.
Les enfants le montent et tentent de maitriser l’animal. Seulement l’âne est avant tout un animal intelligent : il s’arrête si une partie de son paquetage tombe, ou encore si le groupe qui le suit s’éloigne (et dire qu’un cheval ne s’arrête même pas lorsqu’il perd son cavalier). Massoud semble un animal têtu, mais nous dirons que son comportement traduit de la circonspection ?

“Psss, Psss”, le propriétaire émet ce son à plusieurs reprises, il semble chercher quelque chose : il a nommé ses six chats de la même façon. Même s’il ne conçoit pas l’utilité donner un nom propre à chacun d’entre eux, il se fait obéir.
Ici, nous ne sommes pas à Fort Boyard, il n’existe qu’un seul maître du temps : le soleil. Pas de montres aux poignets des habitants de Goulmima. Le temps passe et les journées sont rythmés par le soleil, et bientôt, la nuit pointe le bout de son nez… Une fois de plus, les langues se délient. Un jeune homme de dix-sept ans explique qu’il ne voit pas l’intérêt de rester vivre sur le territoire marocain. Il est persuadé que son avenir est ailleurs.
Il ne comprend pas pourquoi nous aimons ce pays, ce que nous y trouvons de beau…L’ho concluera la discussion avec cette citation : “Le dromadaire ne voit jamais sa bosse”.

Dans l'attente

Dans l’attente

Un système d’éducation organisé comme en France, mais des résultats inquiétants

Au Maroc, le système scolaire est similaire au nôtre.
Les seules différences portent sur les épreuves supplémentaires en première, mais également sur le système du contrôle continu. Dans le domaine linguistique, le niveau est alarmant. Est-ce parce que, dès l’enfance, on apprend trois langues différentes aux élèves : le français, l’arabe et le berbère ?
Pour une population berbère de 70%, les berbérophones ne représentent que 40% de la population du royaume. De plus, il existe trois dialectes de berbère : le tarifit dans le nord, le tamazight dans tout le Moyen-Atlas, et le tachelhit parlé dans le Sous - dont les habitants s’appellent les Chleus (passé dans l’argot français, ce mot désigne les allemands parce que les soldats français trouvaient des ressemblances entre ces deux langues, qu’ils ne comprenaient pas plus l’une que l’autre).

L’illettrisme

Le taux d’analphabétisme atteint les 50%, ce qui est inquiétant, même s’il recule chaque année.
Pourtant, les marocains considèrent l’éducation comme fondamentale, les familles font tout pour envoyer leurs enfants à l’école, même si il arrive qu’on leur demande d’aider à la maison ou à la ferme.

Traditions et coutumes berbères

Le lendemain nous entamons la visite du village.
Le guide nous parle de quelques traditions : notamment le carnaval d’Achoura qui se déroule à Muharram, le premier mois de l’année Islamique.
A Goulmima, il se marque par une fête pour les enfants et un carnaval pour tous.
C’est aussi un jour de partage et de charité. Ainsi, chaque année, les hommes du village grimpent aux palmiers dattiers afin de couper leurs palmes qui seront ensuite tressées en petits paniers.
Ces derniers seront garnis plus tard avec un œuf dur et des morceaux de viandes grillés. Les enfants les reçoivent à leur réveil.
Puis, habillés de neuf, ils partent asperger les voisins, les amis, et les passants avec une eau traditionnellement purificatrice, c’est « Zem-Zem ».
La veille, la musique a envahit les ruelles, la place s’est animée de mille et une couleurs, et de masques étranges confectionnés avec de la peau de mouton. On a pu voir des danses endiablées, portées par les chants berbères, entendre des poèmes rythmés au son des tambourins…

C’est une des fêtes de l’année.

Et puis, il y a Taourirt Laafou, cette montagne, lieu de pèlerinage pour les femmes seules.
Chaque vendredi, elles partent prier au pied de la montagne de Goulmima, en espérant qu’elles
rencontreront un mari.
Cette tradition n’est pas propre à Goulmima : à Ighfinign par exemple les femmes exercent une succession de « lala taoulouloutes », ce qui signifie qu’elles font des roulades sur un sol de cailloux. La distance qu’elles réussiront à effectuer indique si elles trouveront leur mari près, ou plus loin de leur village.

C’est lors de la préparation d’un déjeuner, au sein d’une famille berbère que j’ai commencé à questionner les femmes à ce sujet. J’étais à l’affût de plus de détails, savoir si elles avaient elles-même suivi ces coutumes, et surtout si elles y croyaient.
C’est un sujet gênant, on sourit, on baisse les yeux… Et avec un peu d’insistance, elles finissent par me pointer du doigt une femme, assise sur la banquette au fond du salon, qui elle, voudrait bien me parler.

Un conseil pour la suite de mon périple? Toujours s’armer de patience… et de discrétion…

C’était la fête des roses

Elle est arrivée un week end plus tard que prévu, en partie à cause du 1° mai, et en partie parce que le gel de l’hiver tardif avait retardé la floraison. Il faisait beau, il faisait chaud, c’était la fête de la région

Le moussem des Roses 2009

Des chars différents, mais toujours des “reines” dans leur costume de la vallée des Roses, aux couleurs multiples, à la coiffure relevée d’une perruque noire, et ornée de rubans de laines de couleurs vives.
Les tout derniers champs n’étaient pas encore moissonnés.

Le long de la route, les enfants vendaient des colliers de fleurs, et des coeurs de roses, formés sur un fil de fer léger.

Le moussem est sur trois jours, mais la journée la plus intéressante à voir est celle du samedi.
La matinée est consacrée à la tradition, le défilé des différents groupes de la région, et notamment la danse de l’abeille de Kelaa M’Gouna, et la danse du sabre, de Zagora.

Après une longue pause déjeuner dans une des kasbahs qui dominent la roses, à profiter de l’ombre des tentes berbères et du vent, qui rafraîchissent agréablement, on repart dans les rues noires de monde.

Toute la région est venue à Kelaa, le moussem est bien plus qu’un défilé, c’est aussi une foire, une rencontre, une fête…
Entre les petits étals où les femmes vendent un ou deux foulards, des colifichets, les grands stands où on trouve tout pour faire le couscous, la vaisselle, ou des activités agricoles que je serais bien en peine de comprendre, les rues, vidées de leur circulation automobile sont en réalité quasiment infranchissables.

Et le soir, c’est la musique modernisée qui envahit les espaces. Les jeunes de la région, et ceux qui sont venus de plus loin vont danser toute la nuit.
Avant de retourner cueillir les dernières roses, le lendemain. Et passer une année au parfum de Rosa Damascena…

Pour appeler Air Arabia

… c’est très simple, il suffit de chercher sur le site de la compagnie,www.airarabia.com

En bas, tout en bas, il y a marqué “contact us”, et là, on trouve la liste des numéros de téléphone des call center.
A Casablanca : 080 2000 803
A Paris : 01 58.22.20.02

Merci de ne pas nous appeler pour des renseignements que nous ne pouvons pas donner. Nous n’avons aucun lien avec la compagnie Air Arabia, nous sommes simplement une agence de voyage marocaine qui donne de l’information

Français, arabe, berbère, les langues mixtes

J’ai découvert aujourd’hui le site de Louis-Jean Calvet, linguiste, et né en Tunisie, où j’ai trouvé une mine d’articles intéressants sur “les langues méditerranéennes”. Une petite revue de presse pour se faire plaisir. En attendant de pratiquer la darija !
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A travers les montagnes

Face à l’oeuvre marocaine

J’ai treize ans et demi, je sors de la librairie afin de rejoindre au plus vite ma maison. Ça y’est, je l’ai. En effet, je détiens le précieux pavé : le dernier ouvrage de J-K Rowling. Dès mon arrivée dans le salon, je me précipite sur le livre en commençant ardemment ma lecture. L’envie de le dévorer, de l’engloutir…

Seulement voilà, ne faut-il pas mieux prendre le temps d’analyser le vocabulaire, la tournure, mémoriser progressivement les péripéties du sorcier… Tout ça, dans le but d’apprécier d’avantage l’oeuvre, et de distinguer chaque chapitre comme un élément essentiel au dénouement de l’histoire?

Aujourd’hui, j’ai désormais dix huit ans, et je suis face au même dilemme. Seulement cet ouvrage, c’est la culture et l’histoire du Maroc. Ainsi, soigneusement, je parcours ces mots plus où moins complexes, ces nouvelles références, et tourne les pages uniquement lorsqu’elles me semble assimilées et comprises.
Évidemment, je ne vous cache pas que c’est un travail minutieux.

Les montagnes de l’Atlas

Aussitôt arrivés à Marrakech, nous reprenons avec nos clients la route pour rejoindre Ouarzazate. Après des kilomètres de méandres à travers la montagne, nous apercevons une petite pancarte signalant la piste : un arrêt s’impose.
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La nuit dans les hôtels…

Cela se passe un peu tard, quand le service est fini.
C’est le moment où les serveurs, les chauffeurs, les guides se retrouvent dans le restaurant déserté, et commencent à se détendre, parler de la journée. Et à faire de la musique.

Dans la plupart des kasbahs, des riads, on trouve, quelque part, des djembés. Des cymbales. Des hajhouj.

Hier soir, ce fut particulièrement beau. Nous étions avec Chouchou, un musicien de Goulmima, dont le groupe, Imal, a fait un disque. Et Chouchou a toujours sa guitare avec lui. En arrivant dans la salle du restaurant, il a vu les djembés, et son oeil a brillé, la promesse d’une belle soirée.

Pendant le dîner, déjà, Chouchou a commencé à jouer, les compositions de son groupe. Les guides qui étaient là, spontanément, ont suivi le rythme, avec ce qu’ils avaient sous la main, verres, manches de couteau frappant les tables. Le patron a apporté les djembés, un chauffeur s’est installé.

La soirée a commencé. Le patron est allé cherché Djamel, un jeune qui travaille à côté, il fait faire des tours en dromadaire aux touristes. Ses longues mains fines semblaient voler sur la peau tendue du tambour.
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Rencontres et repas traditionnel

Repas en famille au Maroc

Il est 14h. Le thermomètre titille les 25°C, nous partons pour déjeuner. C’est chez Mohamed que notre route s’arrête, surveillant général d’un lycée de Ouarzazate, il nous accueille au sein de sa famille pour un repas berbère. Une vingtaine de personnes s’affairent à la maison. La cuisine est en pleine ébullition.

Karima, 11 ans, enchaîne les allers et retours afin de servir le thé vert. On refuse mon aide car tout est déjà orchestré de manière à servir rapidement les invités. Le repas commence : assis sur des banquettes installées contre le mur, les hommes discutent tandis que le chef de la maison sert le thé. Les femmes restent à l’écart et partagent les dernières histoires du quartier. Les enfants rient. Un garçon fait part de son rêve de partir pour l’Europe, comme son oncle, considéré comme un véritable héros car il demeure désormais à Paris. Je perçois une certaine intimidation tant qu’à ma présence et à mon comportement divergeant du leur. Les sourires s’esquissent, les plus jeunes fuient le regard. Non pas par rejet, mais plus par timidité.

[Ndlr "Mezgarne" : et plus encore par respect. Dans toute l'Afrique, on ne regarde pas dans les yeux quelqu'un à qui on doit le respect, pour son âge, son savoir ou sa position. Une des multiples sources d'incompréhension culturelle en entreprise...]

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