L’affaire Fouad Mourtada et l’écart entre « tradition et modernité »

Peut-être avez-vous échappé à cette actualité : Vendredi dernier, Fouad Mourtada, ce jeune ingénieur marocain, a été condamné à trois ans de prison ferme, et 10.000 dirhams d’amende, pour avoir fait un faux profil Facebook, au nom du frère cadet du roi.
Le profil avait été en ligne pendant quelques jours seulement, avec le nom de Moulay Rachid, mais la photo de Fouad Mourtada, qui est très différent (encore faut-il pour le savoir connaître le visage du roi). Le profil a été fermé – sans qu’aucun mail ait été envoyé avec, et mardi 5 février Fouad a été arrêté à son domicile, si fortement interrogé qu’il a perdu connaissance. Sa famille est mise au courant le mercredi uniquement.
Un communiqué de presse de la MAP est mis en ligne et rapidement retiré, informant de l’affaire, et des escroqueries de Fouad. La famille de Fouad, qui vit en partie au Maroc et au Canada, monte un site « Help Free Fouad », et Fouad est inculpé de manoeuvres crapuleuses. Sa mise en liberté est refusée, et le 22, il est condamné (l’avocat fait appel).
L’affaire a été mentionnée sur CNN, dans le monde entier, et bien sûr de façon extrêmement négative.

Condamnation extrêmement lourde à nos yeux, aux yeux de la blogoma marocaine, aux yeux des MRE, aux yeux des marocains partisans d’une démocratisation du pays, condamnation d’autant plus lourde que la loi a été violée, pour la prononcer, si dans l’esprit, il y avait effectivement un délit, on résumera sous “atteinte à la sacralité de la famille royale”, dans la lettre, la définition de ce délit ne recouvrait pas ce qu’avait fait Fouad. (Une analyse détaillée d’un juriste marocain, qui explique bien mieux que je ne pourrais le faire pourquoi)

Condamnation pourtant modérée, par rapport au maximum encouru (toujours en violant la loi), qui était de cinq ans, condamnation modérée par rapport aux énormes amendes (plusieurs centaines de milliers d’euros) qu’ont dû payer des journaux qui n’avaient fait qu’écrire les blagues que tout le monde répète.

Et surtout, à ma grande surprise, condamnation qui laisse indifférent une grande partie du Maroc. En parlant autour de moi, avec Bilal, avec des gens qui – comme l’immense majorité des marocains – ne fréquentent pas la petite bulle de la blogosphère et du Web 2.0, faute d’accès internet, faute d’éducation, faute d’intérêt, faute de temps… j’ai été surprise d’entendre beaucoup de gens dont je respecte l’opinion, que je ne tiens pas pour des brutes sanguinaires, des dictateurs en puissances, ou des personnes serviles approuvant tout ce que fait l’autorité, des monsieur tout le monde donc, me dire – en résumé – so what ?

So what ? Il savait ce qu’il risquait, non ? On ne s’attaque pas à la famille royale et c’est tout.
So what ? Si il a fait ce profil, c’est pour l’utiliser, c’est juste qu’on l’en a empêché avant.
So what ? Il a été arrêté et battu ? Eh oui, comme tout le monde, mais tu sais, la police ici elle n’est pas tendre, c’est vrai, mais nous les marocains, on est difficiles, on est comme le cumin, il faut nous presser pour sortir le goût. (Pour tirer quelque chose de bon).
So what ? Et si on ne l’arrête pas, le prochain il fera un profil et il escroquera les gens en se faisant passer pour le prince …
So what ? Il est ingénieur, quel besoin il avait de faire ça, il est passé par une école militaire, il connait les risques.

Et cela m’a fait réfléchir. J’ai été choquée, je reste choquée de la torture, mais pas surprise, car je sais effectivement que ces tabassages sont monnaie courante (mais pas seulement au Maroc…)

Il est vrai que le pouvoir politique au Maroc n’est pas tendre. Depuis longtemps. Il y a cent ans, quand un ministre était déchu, il était pendu ou écartelé, tous ses biens saisis, sa famille tuée ou réduite à la pauvreté, ses concubines violées, ou enfermées dans le harem du vainqueur – et c’est pour cela qu’il ne reste que les murs du Palais Bahia.

Il y a moins longtemps, dans les années cinquante, l’un des descendants des seigneurs de l’Atlas écartés par les Alaouites au début du siècle, plus de cinquante ans après qu’un membre de sa famille ait été exécuté pour trahison, donc, a tenté de se venger en essayant d’assassiner le roi.

Encore plus récemment, trois fois Hassan II a dû défendre sa vie. Une fois au moins dans un face à face où c’était tuer ou être tué. Combien de nos dirigeants démocrates se sont retrouvés dans cette situation ?

Le roi est sacré au Maroc. Sacré au sens premier du terme.
L’affaire Fouad Mourtada a montré que si les mots “crime de lèse-majesté” ont perdu leur signification chez nous, ils restent chargés de sens au Maroc. En tout cas pour les représentants du pouvoir.

On ne touche pas à la famille royale. On ne montre de la famille royale que ce qu’elle veut bien laisser voir, on ne dit d’elle que ce qu’elle accepte de laisser dire. Ne pas avoir maîtrisé son image fut une des raisons qui fit perdre son trône à Moulay Abd El Aziz, des photos prises dans le Palais avaient circulé, et profondément choqué les marocains.

Manifestement, il s’agit d’une ligne rouge que tous les marocains connaissent.

Se pose donc ici la question de l’écart entre le Maroc moderne et le Maroc traditionnel. Ne pas condamner Fouad au nom de la modernité, de l’insignifiance de son acte aurait surpris le Maroc traditionnel, aurait été compris comme un signal de faiblesse.
Les sultans du Maroc ne sont pas des pardonneurs. La tradition du pouvoir ne connaît pas le pardon. Et quand cette tradition remonte à aussi peu de temps, le pardon peut très bien ne pas être compris comme tel, mais comme faiblesse ou invite à en faire plus.

Je crois que Fouad a joué de malchance.

Première malchance, son “cas” s’est produit au moment où se finalisait un coup de filet sur les islamistes. Genre de situation où “ceux qui savent” sont sur les dents, et prêts à tout vérifier plutôt trois fois qu’une.

Deuxième malchance, Fouad est de Goulmima. Il y a au Maroc des “ultras”, qui réclament la laïcité et la démocratie, et qui sont bien concentrés dans l’ancien “bled siba”, le pays de dissidence jamais vraiment soumis, dont Goulmima est un des fiefs.
En gros, être de Goulmima, c’est être le fils d’une corse et d’un basque, dans les années 80.
Fouad n’a peut être rien à voir avec tout cela, mais son origine était intrinsèquement un soupçon de plus.

Mais surtout, je suis persuadée que la malchance de Fouad ait qu’on ait parlé de lui. Un communiqué un peu trop vite sorti de l’agence de presse locale, la MAP, aussitôt retiré, mais pas assez vite pour passer inaperçu, et le web marocain, blogueur, facebookien, s’est enflammé.

On ne saura jamais le pourquoi de ce communiqué, sans doute un policier trop zélé, fier d’avoir sorti un “gros poisson”, et de se faire mousser (par rappport à ses petits camarades qui chassaient l’islamiste ?), avant de se rendre compte que ce n’était pas ça, d’où le retrait.

Mais c’était trop tard. A partir du moment où on parlait de Fouad, à partir du moment où la pression était mise sur le pouvoir, il devenait impossible de reculer, de relâcher Fouad une fois celui ci sermonné et innocenté de ses soi-disant escroqueries. (Puisque ce motif n’a pas été reconnu, je crois, au procès).

Il faut comprendre ce que c’est de gouverner un pays où plus de la moitié de la population adulte est illettrée. Chez “nous”, un illettré c’est l’exception. Et malgré tout, il est inondé d’informations, il est dans un contexte où tout autour de lui on sait lire.
Plus je pratique le Maroc traditionnel plus je touche du doigt son ignorance profonde. Une ignorance presque inconcevable pour nous. Celle qui permettait, il y a quelques siècles, de faire brûler les sorcières. Une ignorance qui permet au beau parleur de faire croire n’importe quoi.

Parfois, quand on me pose des questions, à moi, « la savante », j’écarquille les yeux d’incrédulité. La dernière était, en plein Ouarzazate, de la part d’un monsieur qui a un bon métier, qui sait lire et écrire « est-ce que c’est vrai qu’il y a des enfants qui ont dormi plusieurs années dans le ventre de leur mère, avant de naître ? »…

Il y a quelques jours, à M’semrir, pas très loin de Goulmima, en pays siba, encore, des étudiants ont “poussé” des villageois à manifester contre le pouvoir. Mais se sont courageusement esquivés durant la manifestation.
Il y a tous les jours des ordures qui circulent sur la famille royale sur internet, des immondices qui enverraient n’importe quel journaliste au tribunal chez nous, qui enverraient n’importe qui faire face à une lourde condamnation.

A partir du moment où le “cas Mourtada” a été connu dans le monde entier, il était impensable de faire machine arrière, car cela aurait voulu dire, pour le Maroc populaire, qui normalement ne connait pas ces choses, effacer la ligne rouge.

Fouad est presque sans aucun doute totalement innocent d’un quelconque acte concret, et en tout cas, même si il a “fait” quelque chose, ce quelque chose est très bénin. A nos yeux, c’est indigne de tabasser, d’emprisonner pour ce rien. La loi marocaine est basée sur la loi française, on ne devrait pas emprisonner et encore moins condamner sur des intentions, mais sur des faits.

Mais nous ne sommes pas les marocains, du moins nous ne sommes pas la majorité des marocains. Si la majorité d’un pays comprend et accepte cette condamnation, alors c’est cette majorité qu’il faut faire évoluer. Avec de l’éducation, et du travail.

C’est Brecht qui le disait “d’abord la bouffe, ensuite la morale”.

30% de la population marocaine vit en-dessous du seuil de la pauvreté.
Quand je parle, ailleurs, des arnaques et des Marcels, je montre des histoires d’escroquerie quotidienne, des embrouilles habituelles et courantes de ceux qui sont prêts à tout pour gagner quelques dirhams.

C’est dans cette population que se trouvent les gamins qui caillassent les touristes quand ceux ci ne se laissent pas rançonner “un dirham, un euro”. Et ces gamins sont calmés par la police marocaine, à coup de bâtons. Parce que semble-t-il, c’est pour l’instant la seule façon.
C’est très dommage.
C’est comme ça.

Les choses changent doucement.

On est élevé par son école, par ses parents, par ses grands-parents.
Il faut plus d’une dizaine d’année pour changer la mentalité d’un peuple.

Mohammed VI a mis en place un code de la famille quasi-révolutionnaire. Il détruit les bidonvilles, il aide les programmes d’éducation des adultes. Il lutte contre l’ignorance, il essaie de développer son pays le plus vite possible.
Et il laisse faire la justice lourde de son pays, parce que c’est celle qui a maintenu la sécurité jusqu’à maintenant.

Ce week-end, tandis que je m’indignais, des marocains m’ont dit « bon on le relâche, et après ? Les autres se croient tout permis, tu veux qu’on se fasse agresser dans les rues ici comme à Tanger, que ce soit comme l’Algérie avec les bombes ? »

Mais ce sont seulement « des » marocains, le pays n’est pas homogène, et l’écart entre les trois populations, les marocains “européanisés”, les marocains “classe moyenne”, et les marocains “populaires”, est de plus en plus grand, et de plus en plus difficile à gérer.

Le niveau d’eau d’un tonneau est déterminé par sa planche la plus basse. Et c’est celle de gens pour lesquels il est normal de condamner Fouad Mourtada. De gens qui font, eux aussi, des années de prison quand ils franchissent la ligne rouge.
Cinq ans de prison pour les pirates informatiques qui copient les CD à Derb Ghalef, une condamnation elle aussi extrêmement lourde. Trois ans de prison pour Fouad. Un autre homme de 95 ans qui meurt en prison, pour avoir soi-disant, dans un bus, insulté le roi.
En Thaïlande, l’insulte au roi, c’est dix ans de prison.

Il y a toujours pire ailleurs, toujours mieux ailleurs.

Les pays qui ont voulu évoluer trop vite ont explosé en vol, comme l’Iran.
Les pays qui sont entré de plain pied dans la démocratie, du jour au lendemain, sans en avoir fait l’apprentissage, sont retombés dans la dictature, comme la Russie.

Le Maroc suit un chemin dangereux et difficile, je compare souvent la position du roi à celle d’un ninja en grand écart au dessus d’un précipice, retenant chaque falaise par les orteils, pour les empêcher de s’écarter.

La moudawana était un grand pas vers les tenants de la modernité, la condamnation de Fouad Mourtada est un grand pas vers la tradition.

Je reste indignée du « cas » Mourtada, comme du procès de Ksar El Kébir, mais je suis encore plus indignée de l’état de misère et d’ignorance qui rend cela possible et acceptable par les marocains.

La lutte essentielle, dans ce pays, n’est pas celle d’une blogosphère qui s’enflamme pour le « premier blogueur emprisonné au Maroc » (ce qui est d’ailleurs, techniquement, faux, Fouad n’était pas blogueur, mais Facebookien), c’est celle contre l’ignorance et pour le développement, lutte que beaucoup de blogueurs marocains « de l’étranger » ignorent totalement. La famille de Fouad, qui a montré une grande maîtrise du buzz internet pour l’organisation du soutien, s’est indignée de la question d’un policier à Fouad « pourquoi avez vous créé Facebook ? » Elle est au contraire révélatrice de l’ignorance généralisée de la modernité, du Web 2.0… et de ce qu’aurait compris ou pas le marocain de la rue de cette affaire.

8 Comments

  1. Posted 27 Fév '08 at | Permalink

    la société que tu décris dans ton post, je la connais et depuis le début de mon blog, j’en parle quasi-exclusivement.

    la schyzophrénie du marocain, son incohérence, souvent son ingorance, n’est pas feinte, elle est réelle et profondément ancrée à un niveau « culturel »

    Le Maroc « occidentalisé » comme tu dis, est réellement une minorité, une infime minorité.

    je comprends le grand écart que doit faire la monarchie, je le conçois, et parfois honteusement, j’arrive à excuser les travers de justice au nom d’un développement futur culturel et surtout économique.

    depuis le début de cette affaire la blogoma ne s’est pas enflammé, tout le monde a cru à la réprimande, à la leçon , visant à fixer « de nouveau » les limites à ne pas dépasser; limites qui sont pourtant connues et à ce niveau rien n’excuse Fouad Mourtada de les avoir ignorés.

    D’ailleurs la famille de Fouad, a même au début, en suivant des conseils avisés, appelé à l’appaisement qui nous poussait à croire à un arrangement.

    Donc tout le monde s’attendait à l’amende, voir même la prison avec sursis pour que ce soit clair. et je pense sincèrement que ce genre de jugement aurait été accepté, compris et dans une logique de « ligne rouge » aura été vachement plus productif.

    là ou la blogoma s’enflamme, c’est lorsque la justice marocaine refuse la liberté provisoire, puis condamne à trois ans de prison un jeune dont la faute a été d’être grisé par la liberté que procure Internet.

    cette sévérité, d’un point de vue rationnel, mais surtout humain, nous est insupportable. par la « proximité » de ce jeune avec la blogoma d’un point de vue générationnel et « intellectuel », la blogoma se sent concerné, voir attaqué même s’il n’est pas blogueur.

    Avant toute raison, c’est le drame humain que défend la bogoma, et quelques soient les raisons de ceux qui sont derrière cette sentence, elle est difficilement tenable même en supposant une quelconque « fin qui justifieraient les moyens »

  2. Posted 27 Fév '08 at | Permalink

    Je comprends aussi parfaitement l’attitude de la blogoma. J’ai ici la situation relativement facile d’une observatrice extérieure, de quelqu’un qui de toute façon n’est pas vraiment soumise à ce pouvoir, et qui, dans le pire des cas, aura à faire ses valises – ce qui serait un déchirement.

    En tant qu’observatrice, justement, et de nouvellement arrivée, malgré tout, car on ne connait pas complètement un pays en quatre ans, je ne sais vraiment pas où se trouve aujourd’hui le juste milieu au Maroc.

    Je reste persuadée que le plus grand tort de Fouad a été la proximité temporelle avec l’affaire islamiste. Le moment où il ne fait pas faire deux poids deux mesures, quoi qu’il arrive.

    En tant qu’occidentale et personne, je suis profondément choquée par cette affaire, et le drame humain qui vient derrière. En tant qu’immigrée au Maroc, je crains les suites de cette fracture, et j’attends de voir si il y a une réelle intelligence politique pour s’en sortir.

    Même si la blogoma est peu de choses, c’est une « chose » qui compte beaucoup au Maroc, un pays bouge avec ses précurseurs, pas avec le fellah beldi. Cette affaire est un gâchis humain, et pas seulement pour Fouad.

    Mais combien y a-t-il de Fhamator dans la blogoma ? J’ai un peu regardé les groupes « marocains » sur Facebook. Est-ce que ce n’est pas à ce monde là aussi qu’un avertissement a été donné ? Il est bien différent de la blogoma, a pas beaucoup de Fhâmator là dedans (au fait un jour il faudra que tu m’expliques ton surnom)

    Et surtout, quand je parle de « feu et flamme » c’est celui qui a eu lieu en dehors de la blogoma. La propagation sur les blogs étrangers, sur CNN, a eu lieu très vite, puisqu’elle s’est faite avant la lettre ouverte de la famille Mourtada demandant le pardon. A mon avis, c’est à ce moment-là, quand cela a cessé d’être une affaire marocaine, qu’il a été trop tard.

    Un peu comme Elisabeth II à la mort de Diana, never explain, never complain. Mais la monarchie anglaise en porte encore les traces dix ans après, alors qu’elle s’occupait de ses petits enfants, au lieu des media.

  3. Hesperides
    Posted 27 Fév '08 at | Permalink

    Merci énormément pour ce billet qui vient du fin fond du bled siba.

    Cette affaire nous démontre une fois de plus que l’élite est complètement déconnectée du peuple; à rapprocher avec les postures des élus et des partis politiques vis à vis de la masse électorale et vice versa.
    Seul le palais connaît assez bien le Maroc d’où, à mon avis, sa longévité.

    On a besoin d’une révolution à l’école et dans les universités…….le plus symptomatique de ce constat est la demande de grâce exprimée par la famille de ce pauvre « IGENIEUR » en informatique ou il était dit que son « NIVEAU DE FRANCAIS » ne saurait égaler celui du prince pour une éventuel usurpation d’identité: Je veux bien qu’on use de tous les arguments en faveur d’une relaxe, mais si celui-ci s’avère vrai…….!!!!

  4. Posted 28 Fév '08 at | Permalink

    Bonjour Marie-Aude, je suis un peu hors sujet et j’espère que tu me pardonneras…

    je t’annonce que je t’ai choisie et que dès demain, sur mon blog, tu seras taguée pour un petit jeu auquel je me suis moi-même soumis. Il n’y a aucune obligation, bien entendu, mais si le coeur t’en dit. A demain peut-être !

  5. Posted 28 Fév '08 at | Permalink

    Pour l’historique, Fhamator est le titre d’une chanson de l’album Trabando des Hoba Hoba Spirit. Album que j’ai découvert quelque temps avant de créer le blog.

    Fhamates en dialecte marocain veut dire compréhension ou savoir mais par extension quelqu’un qui « a » des fhamates est un monsieur « sait-tout ». Fhamator (par analogie à terminator) est le maximum du pic de la montagne en matière de ceux qui prétendent tout savoir et avoir toujours raison. d’un certain point de vue j’ai trouvé que la chanson caricaturait très bien le marocain de la rue (ou moyen, c’est comme tu voudras) et m’a donné l’idée de créer le blog sur le thème de la connerie sociétale.

    voici un extrait du passage francophone de la chanson même si le texte arabe est beaucoup plus marrant. la musique quant à elle est celle emblématique du dessin animé Goldorak;

    Fhamator
    L’homme qui jamais n’a tort
    Le silence est d’or
    Silence et dors !!!
    Fhamator
    Plus fort que terminator
    A l’ecoute toujours
    Il prefere la mort

  6. Posted 28 Fév '08 at | Permalink

    @Hespérides, quand je vois le niveau de français de mes neveux et nièces, qui sont loin d’être des cancres, je crains malheureusement que cette excuse soit tout à fait justifiée. Les ados se dirigent en priorité vers des études scientifiques parce que « on n’a pas besoin de la langue pour calculer ».

    @Fhamator, merci pour l’explication :) j’espère qu’un jour tu me chanteras ça en direct.

    @Titus, à demain alors :) merci

  7. bedaoui claude
    Posted 28 Fév '08 at | Permalink

    Bonjour, marie Aude

    longue lecture, commentaires interessants !!

    j’ai été un des premiers à réagir (contre le sens du courant !) sur le blog de Laurent ! en résumé : Au Maroc, il y a des choses qui ne se font pas , il devra assumer !

    Tu poses une question interessante :
    Ou se trouve le juste milieu au Maroc ??

    Une suggestion de méthode mathématique, comparer le tirage de la presse dite ‘libre’, et le nombre de foyers qui , grace à la parabole, sont sur Al Jezira !
    Equation qu’à apparement du mal à poser la majorité des intellectuels bédaouis ou rbatis , qui n’ont pas mis les pieds dans ce Maroc profond et féodal!

  8. Posted 28 Fév '08 at | Permalink

    Bonsoir Claude,

    en plus de ta statistique, il faut y rajouter ce que comprennent les gens qui regardent Al Jezira. De l’arabe classique à la darija, voir au berbère, il doit y avoir pas mal de déperdition.

    Sans parler de la capacité à « contextualiser » une information obligatoirement raccourcie.

    Sinon je reste au bled plus longtemps que prévu, à te voir…

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