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Quand on a connu le désert, on lui reste à jamais redevable d'une épreuve bénéfique, celle qui vous enjoint d'oublier. Le silence du désert vous dépouille. Par là, vous devenez vous-même. C'est-à-dire rien. Mais un rien qui écoute.

Edmond Jabès

Les provinces sahariennes, la loi du désert

Le désert et les provinces du sud ont fait le Maroc. A l'exception du premier sultan, et des Mérinides, toutes les dynasties sont venues du pays des dunes et du chergui, almoravides sanhaja, almohades du Souss-Massa, alaouites de sijilmassa, toutes les dynasties ont fait ce mouvement de conquête des sables du sud vers le détroit de Gibraltar, et même plus au nord. A chaque fois, la nouvelle dynastie, née des vents de sable, et de la vie rude sous la tente, a conquis le pays makhzen (soumis au pouvoir central), les rafinements arabo-andalous, le luxe de Fès, Marrakech, Salé et Grenade... Mais dans les traditions de la royauté, toujours, il restait de cette austérité du nomade. Ainsi, Harris, dans son livre "Le Maroc au temps des sultans", raconte que :

en campagne, le roi du Maroc n'avait droit à aucun luxe sous sa tente, à peine trois tapis et un lit étroit, ce qui le condamnait à dormir dans le froid, et à marcher dans la boue comme toute son armée, dès qu'il pleuvait.

Toute la vie du sud est façonnée par le désert. Les ksars sont construits pour abriter de la chaleur, les seguias des oasis utilisent au mieux l'eau trop rare pour irriguer les parcelles de henné, l'hospitalite est celle des gens qui savent que l'homme seul est un homme mort, et le thé qu'on offre au voyageur est amer comme la vie, doux comme l'amour, apaisant comme la mort. Les vêtements protègent de la chaleur et des vents de sable. L'économie est basée sur le nomadisme, les caravanes, les pâturages alternés et la coopération entre paysans sédentaires et éleveurs.

Chaque région aura ses coutumes, ses danses, ses dessins pour les tapis, mais tout le sud est uni par la sécheresse brûlante du désert et le répit de l'oasis. Berbères ou Hassanis, Touaregs ou "Maures blancs" de Mauritanie se retrouvent autour du feu de camp, le soir.

Photos des provinces sahariennes

Route caravanière Sable et fougara En scène Murailles Le Djebel Bani Le solitaire Un peu d'eau dans le désert Sortie de gorge Vers le djebel Bani Tinfou, les murmures du vent Racine de tamaris fleurie Bivouac à Merzouga Vers Rissani, les fougaras Les dunes près de Mezgarne Il était une fois dans l'Ouest Les gorges du Ziz Après Serdrar Rêve de plante Voyage Rencontre de transhumance Barrières Jeep dans le vent de sable Courageux cyclistes Vent de sable Au loin du sable Fabrique à mirages Djebel Zireg La porte-serrure Palmeraie sous le vent de sable Rêve d'évasion Le portable dans le désert

Où aller dans le désert marocain ?

Les principales villes

Il n'y a pas de grande ville dans les provinces du sud marocain. Zagora, Rissani, figuig, comptent quelques dizaines de milliers d'habitants. Souvent les villes - à l'exception de Figuig - sont de construction récente, trop moderne, et l'héritage de l'architecture miitaire et coloniale se devine dans les larges avenues tirées au cordeau. Il faut partir explorer les villages, se faufiler dans les ksars, s'enfoncer dans les ombrages des palmeraies pour apprécier les villes du sud.

Le Ziz et Tafilalt

C'est la plus grande palmeraie du monde, qui compte plus de 800.000 arbres. Les gorges du Ziz sont une blessure verte dans l'aridité d'une montagne ocre, et elles s'élargissent. Que les oueds coulent à ciel ouvert ou en nappes souterraines, on peut suivre le Ziz, le Draa, le Gheris... c'est le royaume des oasis, bien que celles-ci aient été mises à mal par la sécheresse. C'est aussi le berceau de la dynastie des Alaouites.

La vallée du Draa

La plus verte des vallées du sud, avec plus de trente kilomètres de palmeraies, et des kasbahs superbes. En vous basant à Tazzarine, vous pourrez visiter N'Kob, Tamnougalte et descendre ensuite jusqu'à Tamegroute.

Le Sahara Occidental, ou espagnol, ou marocain

Dès qu'on arrive à tiznit, on sent qu'on est dans un autre monde. Les femmes commencent à porter les grands haïks sahariens, voiles légers dont elles s'entourent entièrement, avec un geste gravieux du bras pour le remonter. Le grand sud est celui d'un pays qui n'a jamais été réellement soumis, celui aussi des terres interdites, comme smara, où les chrétiens ne pouvaient pas entrer; c'est celui des grandes plages immenses sur l'Atlantique, et celui des aventures. C'est le désert de Saint-Exupéry, et c'est l'entrée dans l'Afrique.

Carte des provinces sahariennes

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Le désert au Maroc : informations pratiques

Trouver des vols pas chers pour Ouarzazate

Venir

Si vous voulez venir dans le désert, les deux aéroports à préférer sont Agadir pour la région de Tiznit, guelmin, et dans une moindre mesure Chigaga, et Ouarzazate, pour Merzouga, M'hamid... et Mezgarne. Zagora dispose aussi d'un aéroport, mais les dessertes sont encore rares, et plutôt plus chères. Si vous atterissez à Marrakech, prévoyez au moins deux jours avant de rejoindre le désert... ou des trajets à plus de 10 heures de route !

Se déplacer

Les frontières ne se marquent pas dans le désert. L'ancien Sahara espagnol est aujourd'hui le cadre d'un conflit qui, lui aussi, a contribué à mettre fin à un mode de vie millénaire. A Merzouga, on voit l'Algérie, comme à M'hamid, et on passe parfois la frontière sans le savoir. Les postes frontières comme Figuig, les villes du Sahara occidental, comme Lâayoune sont très surveillées par la police. Si la plus grande partie du désert marocain est absolument sans danger, il faut absolument être accompagné dans les anciennes zones de conflit, et dans les zones frontalières; pour éviter de se perdre et passer dans des endroits dangereux. En général, à mois d'avoir une bonne expérience du milieu, il vaut mieux être accompagné partout. Et évitez de partir avec une seule voiture. Le GPS et le téléphone portable ne sont pas une garantie de sécurité universelle !

Le temps dans le désert

Est-ce surprenant ? Les précipitations sont quasi-inexistantes, toujours moins de 100 mm par an (80 mm à Errachidia, 30mm à Dakhla). Les températures sont très contrastées (de 14°C en moyenne en hiver à 35°C en été) et l'amplitude thermique entre la nuit et le jour est très importante. Au coeur de l'hiver, il peut neiger sur le désert. Le spectacle des flocaons qui descendent sur la dune de sable et fondent presque immédiatement est le plus beau des mirages.